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Privatisation des terres

dimanche 29 juin 2014

Doudou Sow, petit exploitant, ne décolère pas. Cela fait dix ans, dit-il, que les agriculteurs sont évincés par un afflux d’investisseurs privés qui acquièrent des terres agricoles fertiles dans la vallée du fleuve Sénégal, où il cultive la terre depuis vingt ans.

« Je ne comprends pas pourquoi des centaines d’hectares sont donnés à des étrangers, alors que la priorité devrait être de rendre ces terres accessibles à nos agriculteurs », a argué M. Sow, originaire de la région de Saint-Louis dans le nord du Sénégal.

Au Sénégal, le régime foncier libéral appliqué depuis une décennie favorise les acquisitions à grande échelle de terres arables par des investisseurs locaux et étrangers. Les changements radicaux de propriété ont coïncidé avec de graves pénuries alimentaires dans la sous-région, une crise financière mondiale et une intensification de la promotion du biocarburant. Ainsi, le Sénégal encourage vivement la plantation de jatropha curcas, un arbuste dont les graines servent à produire du carburant pour les moteurs diesel, mais qui donne des résultats controversés.

De 2000 à 2010, plus de 657 000 hectares de terres, soit près de 17 pour cent des terres arables du Sénégal, ont été accordés à 17 entreprises privées. D’après l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (CICODEV), dix de ces entreprises sont sénégalaises et les sept autres sont étrangères.

Politique agricole héritée de l’ancien président Wade

Le gouvernement de l’ancien président Abdoulaye Wade avait lancé des projets de grande ampleur, comme le Retour des émigrés vers l’agriculture (REVA) et la Grande offensive pour la nourriture et l’abondance (GOANA), axés sur la promotion du secteur agro-industriel et des biocarburants.

« Ces initiatives conduisent à un trop-plein d’entrepreneurs privés, y compris des chefs religieux et des hauts fonctionnaires d’État qui s’installent sur des terres dans les régions rurales », déplore Mariam Sow, coordinatrice du programme Protection de la nature de l’organisation non gouvernementale (ONG) internationale Environnement et développement (ENDA).

Voir en ligne : http://www.irinnews.org/fr/report/1...

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